Trek au Pérou : Jour 10 - Le grand jour
19 juillet
Comme tous les jours, lever à 6h30.
Jean Pierre, mon colocataire de tente se lève avec du givre sur le bonnet.
Maté de coca chaud....
Cette nuit je me suis levé vers 3h30, envie naturelle :-), la nuit était fraîche, mais étoilée... tant d'étoiles... pas de lumière parasite de ville proche ou quoi que ce soit... des étoiles et le bruit du torrent proche. Encore un souvenir juste... beau.
Sortie des tentes pour tout ranger, le soleil arrive doucement de l'autre bout de la vallée où nous sommes. Il fait froid en l'attendant, mais quand il arrive, ça fait du bien...
Petits préparatifs habituels des matins : petit déjeuner, finissage de sac, crème solaire, gourde d'eau et c'est parti à 8h30.
Programme de la journée : 2 cols dont un à plus de 5000m, et quelques surprises....
On monte rapidement après la fin de la vallée, doucement sur un flanc de montagne et d'un seul coup, un grand bruit, sourd, faisant trembler l'air.... on se retourne, et un énorme sérac est en train de tomber du gros glacier que nous venions de dépasser quelques minutes plus tôt...
On se dit juste après, quasi à l'unisson, qu'on aurait pas eu envie d'être en dessous... parce que vu la taille du truc, c'était "bye bye" !!

A flanc de montagne, on croise quelques groupes d'alpagas, dont certains nous regardent presque méprisant, à 3 mètres de distance (alors que les autres sont plutôt peureux en général), tranquilles les gars...

La montée est constante, le train est bon, et on atteint le Mont Blanc (enfin son équivalent) au bout d'1h30 depuis le camp de départ. L'altimètre atteint 4823m...un col en plein vent, débouchant sur une autre vallée désertique et on voit, de loin, le début du 2e col que nous aurons le plaisir de gravir aujourd'hui...
Mais bon, on est quand même au dessus du Mont Blanc... tranquille...La descente est rapide pour se retrouver encore dans une vallée avec de l'eau gelée en majeure partie malgré les courants qui sont en dessous de la glace... on est à 4400 environ.
Et la montée commence, herbeuse et agréable au début. Puis tout en ayant la végétation qui se raréfie, la pente se durcit. La fin du premier pallier se termine dans une travée, en faisant des virages de montée tous les 3 mètres, tant la pente devient dure.
A mi chemin, pause déjeuner. La soupe quotidienne et le reste du repas font du bien, le physique commence à puiser, et l'altitude bien que supportée, est tout de même présente. L'oxygène se ressent moins présent.
La pause terminée, aux environs de 4800m, il nous faut encore monter, atteindre ce 5000m.
Plus de végétation, les cailloux gris nous entourent, nous sommes dans le flanc de la montagne, le pas est de plus en plus ralenti.
Le soleil est présent mais la température continue de descendre, je pense que l'on doit passer sous les 10°C maintenant...On s'approche du névé... mais on passe à travers avec un peu de sol mouillé....
On fait un pas toutes les 2s, on ne pense plus à grand chose d'autre qu'aux pas de celui qui est devant soi. Le souffle est plus court, l'effort est bien là....
Mais la récompense aussi... au bout du chemin, on voit les cairns, Tina notre guide se retourne et applaudit, elle semble contente de nous.
Alors tous, on s'embrasse arrivé là... on est à 5050m d'altitude, les deux vallées de part et d'autres sont bien en contre bas... ça y est, on l'a fait....
C'est une joie bizarre, mais tellement différente... je ne connaissais pas du tout... c'est beau et grisant à la fois... l'effort de la montée et la joie d'être en haut...
Vue depuis le col à 5050mMais il y a une petite option... un petit pic à 5150m... sur la photo c'est le bout de montagne tout à droite, que l'on voit légèrement...
On y va dit Jean Marie, le montagnard...
Tina notre guide hésite, elle dit qu'il y a beaucoup de vent... (vue les dessins sur le flanc de montagne, ça se devine).
Allez, on y va tous....
Je n'ai aucun choix, "allez stephen, c'est quand meme ton anniversaire non?"
De toute façon, je n'avais pas l'intention de louper l'occas'.
On laisse les sacs au col (pas grand monde dans le quartier à cette heure ci, pas de danger qu'on ne les retrouve pas) et on part.
La montée dure plus de 45min quand même... Le premier pic est bien battu par les vents, on avait troqué au niveau du col nos chapeaux pour les bonnets rajouté les capuches de nos Gore Tex. Il fallait bien ça... on peut dire que ça bastonnait un peu, et quand tu te retrouves sur une arête de 50cm de large avec au bas mot 400m de gaz de par et d'autre, bousculé par un vent qui est là depuis tout le temps, et que même la guide nous dit "attention !!!", tu fais moins le malin... sinon...ravin...
Et si tu fais ravin, je crois que tu as fini définitivement de jouer au malin....(ceux qui me connaissent bien auront vu la référence...) ;-)
Mais pas de bobo, tout se passe bien. Et après une légère redescente, on remonte sur le dernier pic, avec quelques "barrières" de pierre à passer parfois en dévers à flanc de montagne.
Et quelques mètres avant le sommet, on attend tout le monde.
Et j'ai le droit à mon petit 'joyeux anniversaire" chanté, là, posé sur mon caillou, à quelques mètres du sommet, environ 5150m d'altitude, en plein Pérou, perdu mais ayant l'impression d'être au dessus de tout...
Enfin à ce moment là, on le croit sans hésitation....
Un moment dont je me souviendrai bien longtemps....les cons....
On y va dit Jean Marie, le montagnard...
Tina notre guide hésite, elle dit qu'il y a beaucoup de vent... (vue les dessins sur le flanc de montagne, ça se devine).
Allez, on y va tous....
Je n'ai aucun choix, "allez stephen, c'est quand meme ton anniversaire non?"
De toute façon, je n'avais pas l'intention de louper l'occas'.
On laisse les sacs au col (pas grand monde dans le quartier à cette heure ci, pas de danger qu'on ne les retrouve pas) et on part.
La montée dure plus de 45min quand même... Le premier pic est bien battu par les vents, on avait troqué au niveau du col nos chapeaux pour les bonnets rajouté les capuches de nos Gore Tex. Il fallait bien ça... on peut dire que ça bastonnait un peu, et quand tu te retrouves sur une arête de 50cm de large avec au bas mot 400m de gaz de par et d'autre, bousculé par un vent qui est là depuis tout le temps, et que même la guide nous dit "attention !!!", tu fais moins le malin... sinon...ravin...
Et si tu fais ravin, je crois que tu as fini définitivement de jouer au malin....(ceux qui me connaissent bien auront vu la référence...) ;-)
Mais pas de bobo, tout se passe bien. Et après une légère redescente, on remonte sur le dernier pic, avec quelques "barrières" de pierre à passer parfois en dévers à flanc de montagne.
Et quelques mètres avant le sommet, on attend tout le monde.
Et j'ai le droit à mon petit 'joyeux anniversaire" chanté, là, posé sur mon caillou, à quelques mètres du sommet, environ 5150m d'altitude, en plein Pérou, perdu mais ayant l'impression d'être au dessus de tout...
Enfin à ce moment là, on le croit sans hésitation....
Un moment dont je me souviendrai bien longtemps....les cons....

On ne reste pas longtemps en haut, Tina n'est pas rassurée, elle craint que le vent ne forcisse.
On redescend donc du pic bousculés au moins autant qu'à l'aller par le vent, mais heureux.
Et les couleurs de cette partie de montagne sont si... bigarrées...
Sur cette photo, Jean Pierre, mon colocataire. Pendant tout le voyage, il a filmé tous les moments et bien d'autres pour en faire un film pour Allibert... mais ce qui va être bien c'est qu'il va en faire un pour nous aussi.... et vu les images qu'il a fait, ça va vraiment être chouette...
La descente des 5000m est plutôt rapide, voire speed... le jour se couche, le soleil est déjà bas, il est passé 15h. Avec les hauteurs de montagne alentour, ça descend vite.On dit tout de même à Tina que la descente est un peu rapide, que du monde traîne et que ça n'est pas très bon non plus pour la tête...
On y va plus cool, mais y'a encore du chemin quand même.
Et là encore, des alpagas croisent notre chemin, et passent devant la vue que nous avons des tentes et du campement.... sympa.
On arrive aux tentes, le soleil est déjà derrière les montagnes, donc il ne fait plus très chaud à cet endroit....
Un brin de toilettte dans l'eau bleu-gris du torrent proche et un petit thé-gateau vers 17h30 histoire de récupérer tranquille de la journée.
Puis le repas dans la tente comme tous les soirs.
Un petit verre de Pisco en apéro fait par Tina.
Et puis encore une surprise... pour moi.

Je vois au dessert Abdel, Tina, la cuisinière Inès, Manuel arriver dans la tente...
Avec un gateau...et les bougies dessus....
Je me fais noyer de confettis (j'en retrouve encore dans mes affaires aujourd'hui) et j'ai le cadeau qui déchire tout... le bonnet en laine bleu, énorme, bien local... sympa.
Et comme Laurence et Jean Marie avait acheté des flutes de pan la semaine d'avant, ils me jouent "bon anniversaire" version "Andines stars"...
Excellent...
Une journée qui finit donc en beauté, spéciale comme je ne l'aurai pas mieux espéré.De la hauteur, des plaisirs simples, des choses simples.
J'ai quitté la table en dernier, discutant de tout et de rien avec Jean Marie et Jean Pierre.
Je me suis couché en écoutant 1 heure de musique dans mon duvet me protégeant du 0°C intérieur à la tente.
Et je me suis endormi à la faveur d'un Yann Tiersen jouant "La dispute". Inévitable....


3 Comments:
et bien le stiphion a été servi en émotion... le con ! mais faire attention, ravin au bout sinon ...
Quel beau cadeau tu t'es fait. Je sais pas si ya beaucoup de gens qui lisent tes messages, mais même on aime pas le style de la narration c'est kiffant de lire tout ça, agrémenté de photos VRAIMENT superbes !! j'ai l'ai d'un con avec ma ptite butte au Québec... mais question paysage jme vengerai en australie (enfin si la crevette me laisse faire autre chose que de l'ultimate ;)
reste 33 jours, t'aurais pu partir un mois j'aurais eu un message par jour :)
pis bonzanniversaire, tu fais parti du club ;)...
bon ya du relachement là !!! t'as passé que 10 jours là bas ou bien ???
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